Elles poussent dans le fleuve.

Lorsque l’on pense au fleuve Saint-Laurent, nous pensons d’abord à sa beauté et ensuite aux espèces indigènes qui y vivent. Rarement pensons-nous aux plantes aquatiques qui y poussent sauf lorsqu’elles s’échouent sur nos plages ou qu’elles nous chatouillent les jambes lorsque nous allons nous baigner. Il existe plus de 1300 espèces de plantes aquatiques dans notre fleuve. Ces plantes filtrent l’eau, stabilisent les sédiments, réduisent l’érosion, offrent un habitat à la faune aquatique. Ces plantes sont méconnues par les Québécois, moi le premier. Les plantes aquatiques du fleuve Saint-Laurent représentent pourtant une ressource naturelle inexploitée ici, contrairement à d’autres pays où elles font partie de la gastronomie locale et représentent un produit d’exportation. Certaines plantes aquatiques possèdent des attributs intéressants ; elles peuvent être utilisées pour l’alimentation comme l’algue Nori pour les sushis, comme compost en agriculture et comme produits de base pour les cosmétiques.

Si plusieurs plantes aquatiques gagnent à être connues et commercialisées, d’autres sont nuisibles. Un bon exemple est le myriophylle à épis, une plante envahissante qui est devenue une nuisance pour la diversité et l’environnement. Une autre qui est encore plus dérangeante est l’algue bleu-vert. Qui n’a pas entendu parler de cette algue qui fait régulièrement les manchettes et pour cause ? Les algues bleu-vert sont des cyanobactéries qui forment des écumes sur la surface de l’eau en été. La baignade et la consommation d’eau contaminée par cette bactérie causent des gastroentérites, des irritations cutanées et des dommages au foie ou au système nerveux. Je vois encore la photo dans les journaux de personnes qui regardent, découragées, l’eau contaminée par ces algues devant leur chalet.

Plusieurs plantes aquatiques du Saint-Laurent devraient être considérées comme des légumes, parce que plusieurs sont comestibles. Plusieurs petites entreprises du Québec tentent de commercialiser ces produits, mais avec un succès mitigé. Ces produits ne font pas partie de la liste d’épicerie des consommateurs. Il faudrait que les nombreuses émissions culinaires télévisées fassent un effort. Un Ricardo serait beaucoup plus utile et crédible à nous faire connaître les algues comestibles du Saint-Laurent plutôt que de tenter de nous montrer comment construire nos écoles.

Le sujet des plantes aquatiques du fleuve Saint-Laurent est un terreau fertile pour mes prochains blogues. Je vois un blogue sur les plantes comestibles et où les trouver, un autre sur les plantes nuisibles et les efforts pour s’en débarrasser, sans oublier les champignons microscopiques marins qui pourraient nous aider à soigner des infections chez l’humain.

À suivre.

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