Certaines algues du fleuve, dont l’ascophyllum noueux aussi connu comme le Goémon noir, sont récoltées à la tonne et séchées avant d’être transformées en une poudre qui devient un engrais pour les agriculteurs. Ce marché existe depuis une quinzaine d’années au Québec alors que l’utilisation des algues comme engrais en Europe existe depuis des siècles. Il n’en demeure pas moins que nos algues sont maintenant exportées comme engrais dans une dizaine de pays pour la culture de la canne à sucre, des agrumes, du café, du riz et du cacao.
Les algues sont aussi utilisées comme source nutritionnelle pour nos animaux de compagnie, dans l’élevage de vaches et de porc et en nourriture pour les poissons de nos aquariums. L’utilisation des algues dans le domaine de l’élevage de bétail a le mérite de remplacer les céréales propres à la consommation humaine qui sont souvent utilisées pour nourrir les troupeaux. Ces algues sont ajoutées à la nourriture régulière comme complément et elles sont utilisées pour leurs minéraux et vitamines.

Les algues peuvent aussi être utilisées dans la fabrication de cosmétiques. Elles sont riches en oligo-éléments (nutriment minéral) et vitamines ; elles sont facilement assimilées par l’organisme. Elles sont utilisées dans la fabrication de crème pour l’hydratation et l’élasticité de la peau. Elles peuvent même être utilisées dans le traitement de l’acné. Il est possible d’obtenir ces crèmes en pharmacie sous la marque Lise Watier, entre autres.
Ces utilisations sont connues, mais il existe des projets de recherche qui visent l’utilisation potentielle des algues dans plusieurs autres domaines. Les recherches dans l’utilisation des algues comme une solution de rechange aux ressources fossiles m’ont surpris. Les algues peuvent pousser beaucoup plus rapidement que les cultures traditionnelles. Elles peuvent donc être cultivées avec une empreinte carbone plus faible et dans des zones qui ne conviennent pas à l’agriculture traditionnelle.
J’ai déjà mentionné l’utilisation des algues comme supplément nutritionnel et dans l’industrie cosmétique, mais elles pourraient aussi être transformées en biocarburants tels que le biodiesel, le bioéthanol et le biogaz. Si on peut le faire avec du maïs, pourquoi pas avec des algues ?
Les matériaux à base d’algues présentent des caractéristiques intéressantes pour l’industrie de l’emballage. Ils sont biodégradables et ne libèrent pas de produits chimiques lorsqu’ils se décomposent dans la nature. Plusieurs projets de recherche vont aussi loin que de développer des emballages comestibles à base d’algues. Ces recherches se font en Europe.
Au Québec, les recherches se concentrent sur le développement de l’algoculture commerciale pour l’alimentation et la santé et sur la gestion des enjeux environnementaux liés à la prolifération d’algues en eaux douces. Nous sommes loin de ce qui se passe en Europe, mais l’exploitation des algues présente un potentiel intéressant.