Elles se mangent.

Cent quarante-cinq espèces d’algues seraient régulièrement consommées dans le monde, alors que le fleuve Saint-Laurent est un garde-manger où la cueillette et la culture de ses algues demeurent marginales et très peu développées. La majorité des algues consommées au Canada sont importées d’Asie. Le Québec cherche à se positionner sur ce marché qui demeure un marché de niche. Leur commercialisation est difficile parce que ces algues demeurent méconnues des consommateurs. La création d’une demande pour ces produits demeure un défi important. C’est cependant toujours le même problème : qu’est-ce qui vient en premier l’œuf ou la poule. Si une demande n’est pas créée, le marché ne pourra se développer.

On divise les algues comestibles en trois espèces selon leur couleur ; elles peuvent être brunes, rouges ou vertes. Ces algues peuvent être utilisées dans les soupes, dans les salades et comme condiments. Elles représentent un produit intéressant pour la cuisine végétalienne. Parmi les plus populaires, nous retrouvons l’algue rouge Nori utilisé dans les sushis (les makis), l’algue brune Wakamé utilisé dans les soupes ou en salade et la laitue de mer utilisée dans une grande variété de plats. Plusieurs sont importées d’Asie et quelques-unes, natives du Québec, sont récoltées principalement en Gaspésie et sur la Côte-Nord.

 Pour mieux connaître les algues disponibles sur le marché, je vous invite à visiter les sites des entreprises, Océan de saveurs et Seabiosis qui offrent une variété d’algues en différents formats incluant des suggestions de recettes. Les algues demeurent un petit marché au Québec avec le résultat que l’algoculture et la mariculture (culture en mer) sont peu développées. Pourtant, dans le monde, la culture des algues atteint 35 millions de tonnes. La Chine, la Corée, le Japon et les Philippines comptent pour 95 % de cette production. Ici, la récolte demeure artisanale et le demeurera tant et aussi longtemps que la demande pour le produit demeurera aussi faible.

La culture des algues au Québec en est à ses débuts. Seulement deux firmes, Boréalgue (Escoumins) et Seabiosis (Carleton-sur-Mer), font des efforts pour développer une expertise dans la production d’algues et la valorisation de cette ressource. Les deux ont commencé leurs opérations par la cueillette d’algues sauvages pour se familiariser avec les algues dans leur milieu naturel. Aujourd’hui, ils tentent de cultiver la laminaire sucrée (Kombu de l’Atlantique) et le Wakamé. Des essais sont en cours pour cultiver le Nori utilisé dans les sushis. Quand j’écrivais que la culture des algues en était à ses balbutiements, ces essais visant la culture des algues Nori ont lieu cette année (2026.)

Pour aider au développement de cette culture, il faut augmenter la demande. Je vous encourage à prendre connaissance des produits et des recettes sur les deux sites que j’ai cités et de tenter l’aventure. Vous pouvez aussi, tout simplement, vous acheter une salade de Wakamé à votre poissonnerie. J’achète la mienne à la poissonnerie Odessa de Brossard située dans le Quartier DIX30.

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