Une famille nombreuse.

 Introduction.

 Ces textes ne sont pas une autobiographie, loin de moi cette pensée. Je veux tout simplement vous faire part de certains évènements marquants de ma vie qui vous aideront peut-être à mieux me comprendre. J’ai décidé d’entreprendre ces publications, pendant que j’ai encore ma mémoire et le goût d’écrire. Je ne me fais pas d’illusion ; mes textes intéresseront surtout les gens de ma génération qui doivent se serrer les coudes ; rendus à un certain âge, nous devenons des exilés de la société active et, pour plusieurs, nous nous retrouvons dans des résidences de concentration pour aînés.

Je suis le plus vieux d’une famille de six enfants. J’ai été le plus beau et le plus fin durant les 21 premiers mois de ma vie, jusqu’à l’arrivée de mon frère Paul. La production d’enfant a cessé dans ma famille lorsque ma mère, Odette et mon père Jean-Louis, ont décidé d’envoyer paître monsieur le curé qui maintenait que le seul but de l’acte sexuel était la procréation. Nous sommes dans les années cinquante. Pour notre famille, cette révolte de nos parents a représenté le début de la fin de notre pratique religieuse. Quel soulagement ! Il n’était plus obligatoire d’aller à la messe le dimanche matin. Ce rituel se déroulait encore en latin à l’époque. Il n’y avait rien à comprendre. À l’époque, une tradition, heureusement en voie de disparition, voulait que le premier né d’une famille fût destiné à la religion ; je l’ai échappé belle.

J’étais donc le plus vieux, suivi de Paul, Pierre, Louise, Danielle et Richard. Nous avons tous grandi à Saint-Lambert et nous avons profité des activités sportives offertes par la municipalité. Je suis le seul qui n’a pas travaillé comme sauveteur dans les piscines. Un été, il y avait un Gratton qui travaillait dans chacune des piscines de Saint-Lambert. J’avais quatorze ans lorsque la piscine de la voie maritime a été construite. J’ai appris à nager, mais pas suffisamment bien pour devenir sauveteur. Avant la construction de la voie maritime, mon père m’avait amené quelques fois à la plage de Saint-Lambert aménagée sur les rives du fleuve. Un endroit que je détestais : trop de ciment, une senteur d’humidité désagréable, de l’eau trop froide et un lit garni de garnottes et de grosses pierres.

3 réflexions au sujet de “Une famille nombreuse.”

  1. Fort intéressant, merci.
    Faudrait peut-être regarder la’religion’ de façon plus objective et se questionner sur le vide de valeurs qui l’a remplacée avec les pauvres résultats sociaux que l’on vit de plus en plus! Bien sûr on va être sauvés par ‘le wouarnement’ et l’IA. Amitiés

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  2. Je me souviens de la fin des années où l’on chantait la messe en latin et que les filles devaient porter quelque chose sur la tête. J’ai déjà porté un kleenex sur la tête 😂

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