Ce pauvre chevalier.

Il y a quelques semaines, je lisais que deux organisations environnementales contestaient le permis octroyé par Ottawa au Port de Montréal pour son expansion à Contrecœur. Ces deux organisations, la Société pour la nature et les parcs, section Québec (SNAP Québec) et le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE) faisaient valoir, entre autres, que le projet serait réalisé dans l’habitat du chevalier cuivré, une espèce qui est inscrite au registre des espèces menacées. Ce pauvre chevalier cuivré semble en portée large sur ses épaules et son existence précaire est mentionnée par les oppositions à plusieurs projets planifiés le long du Saint-Laurent et le long du Richelieu, dont le défunt projet Northvolt.

Pour mettre les choses en perspective, la population totale du chevalier cuivré se situe entre quelques centaines et quelques milliers d’individus.

 Pourquoi cette importance donnée à cette espèce ? C’est un poisson qui n’existe qu’au Québec. Il vit dans le Richelieu et le fleuve Saint-Laurent et nulle part ailleurs sur la planète. Il est classé espèce menacée depuis 1999 et en voie de disparition depuis 2007. Le chevalier cuivré est un bon exemple des conséquences de la pollution et des perturbations humaines. Il est menacé par la disparition des herbiers aquatiques qui lui servent de frayères dans le Richelieu. Après sa naissance, le poisson migre vers le fleuve Saint-Laurent, où la qualité de l’eau n’est pas favorable à sa survie.

En plus de la pollution, le chevalier cuivré est menacé par l’invasion d’espèces exotiques comme les moules zébrées et les moules quagga qui modifient les communautés qui vivent au fond de l’eau et dans les sédiments. (Pour bien paraître avec vos amis, ces espèces sont décrites comme benthiques). C’est le cas du chevalier cuivré. D’autres espèces exotiques augmentent l’eutrophisation des eaux (un autre mot que j’ai ajouté à mon vocabulaire.) qui consiste en l’apport excessif d’éléments nutritifs, entraînant une prolifération végétale et un appauvrissement de l’oxygène essentiel au chevalier. Parmi ces espèces, nous retrouvons la tanche et le gobie à taches noires.

Il est facile de comprendre qu’un poisson unique au Québec avec un statut d’espèce menacé devient une vedette que nous devons protéger. Évidemment, sa pêche est interdite et la clé de sa survie, selon les groupes environnementaux, demeure la protection des herbiers qui représente ses zones de frais. Les rapides de Chambly sont interdits d’accès du 20 juin au 20 juillet pour protéger la période de frai. Ces rapides sont protégés à perpétuité par Conservation de la nature. Une loi interdit aussi la destruction de l’habitat naturel du chevalier sur le fleuve Saint-Laurent et les rapides de Saint-Ours.  

Les zones de frai sont importantes, mais la mauvaise qualité des eaux du fleuve représente aussi une cause des difficultés que rencontre le chevalier cuivré et des 28 autres espèces menacées qui tentent de survivre dans le fleuve Saint-Laurent. Ce qui me décourage dans ce dossier est l’ampleur du travail à effectuer pour la dépollution du fleuve. Pour rétablir les conditions de survie, il faut donc réduire la pollution agricole, les déversements de produits chimiques et les déversements d’égouts. Ces mesures sont essentielles pour protéger non seulement ces espèces menacées, mais nous tous.

2 réflexions au sujet de “Ce pauvre chevalier.”

  1. C‘est triste a dire mais il se peut que le chevalier soit disparu avant que le nouveau port soit en opération donc les efforts de SNAP et de CQDE auront étés en vain.

    Répondre
  2. Fascinating article Michel as 99% of Quebec’s population have never heard of this fish species unique to Quebec
    Thanks

    Répondre

Répondre à gary king Annuler la réponse