Mon cœur balance.

L’environnement et la nature demeurent pour moi, et pour une grande partie de la population, des priorités qui me tiennent à cœur. Mes pensées deviennent confuses lorsque les impératifs du développement économique deviennent nécessaires même si nous devons sacrifier un bout de la nature. Lorsqu’une telle situation survient, j’aimerais que toutes les parties en cause fassent preuve de transparence et d’honnêteté dans leur approche. L’expansion du Port de Montréal à Contrecœur est un bon exemple.

Nous apprenions la semaine dernière que deux organisations environnementales contestent le permis octroyé par Ottawa au Port de Montréal pour son expansion à Contrecœur. Ces deux organisations, la Société pour la nature et les parcs, section Québec (SNAP Québec) et le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE) tentent de faire d’arrêter le projet. Pourquoi en ce moment ? Le projet est connu depuis la fin des années quatre-vingt, lorsque le port a effectué l’achat des terres avec une réserve foncière pour un agrandissement du port. Les deux organismes qui s’objectent, auraient pu le faire il y a longtemps et leur intervention, si tard dans le projet, sème le doute. Le moment choisi maximise l’impact dans les médias. J’ai l’impression qu’elles tentent de justifier leur existence.

Le projet de Contrecœur vise à augmenter la capacité de manutention de conteneurs. Ce projet est le plus grand projet de l’histoire de l’Administration portuaire de Montréal (APM). Le projet sera réalisé sur un terrain de 468 hectares, soit près de dix fois la superficie du Parc Olympique. Il ne fait aucun doute que ce projet se justifie du point de vue économique, mais qu’en est-il de son impact sur l’écosystème et sur la qualité de vie des riverains ? Le projet comporte plusieurs considérations environnementales.

Les travaux sur le terrain ont commencé l’année dernière et l’Autorité du Port de Montréal (APM) s’engage à respecter 387 conditions environnementales imposées par le gouvernement fédéral. Ces conditions incluent la plantation de 40 000 végétaux, arbres et arbustes pour compenser la disparition de 20 000 arbres et la mise en place de mesures de protection pour diverses espèces d’animaux : amélioration de la qualité des eaux pour le chevalier cuivré, aménagement de nichoirs artificiels pour les hirondelles et construction de trois condominiums pour les chauves-souris.

Le Port de Montréal nous assure qu’une étude d’impact environnemental a été réalisée couvrant de nombreux aspects comme la circulation, les milieux aquatiques et terrestres, le transport maritime et les impacts sur les communautés voisines. Une étude a été effectuée, mais il n’en demeure pas moins que la construction du terminal de Contrecœur soulève des préoccupations quant à la préservation des écosystèmes locaux. Le projet est nécessaire, mais il est aussi nécessaire de s’assurer que les impacts prévus soient surveillés et minimisés.

Pour ce faire, et pour répondre aux préoccupations de la population, une équipe a été mandatée pour s’assurer que les conditions environnementales exigées par le gouvernement fédéral seront respectées. La question qui me tracasse vise la composition de l’équipe. Nous y trouvons des représentants de L’Organisation municipale de sécurité de la municipalité civile de Contrecœur, une équipe d’experts en environnement du Port de Montréal et un responsable de l’urbanisme et de l’environnement de Contrecœur. Qui de cette équipe n’est pas en conflit d’intérêts ? Ils sont ou à l’emploi de la ville de Contrecœur ou du Port de Montréal. Ce n’est certainement pas un comité indépendant.

4 réflexions au sujet de “Mon cœur balance.”

  1. Bien d’accord avec ta conclusion. Depuis la première annonce, la SNAP est sur ce dossier qui met en péril l’habitat du chevalier cuivré, une espèce endémique i.e. qui n’existe qu’au Québec; nulle part ailleurs sur la planète. Dans le milieu environnemental, on est au courant depuis un bout. Malheureusement, pour être entendus, les groupes environnementaux doivent souvent avoir recours à des gestes d’éclat, comme une poursuite judiciaire.

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  2. Je suis d‘accord que ce n‘est pas un comité indépendant mais il se peut qu‘ils aient assez d‘intégrité pour agir correctement donc devrions-nous leur le bénéfice du doute.?Toutefois il faudra qu‘ils soient constamment sous surveillance étroite pour s‘en assurer.

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